La cohabitation légale est un statut au même titre que le mariage mais qui se veut plus "souple".
1. Formalités pour obtenir le statut de cohabitant
Plus "souple" d'abord au niveau de la forme puisque la cohabitation se fait par une simple déclaration devant l'Officier de l'Etat civil du domicile commun alors que le mariage requiert une déclaration de mariage auprès de l'Officier de l'Etat civil avec le dépôt de diverses pièces (actes de naissance, preuves d'identité, de nationalité...) et la célébration du mariage par l'Officier de l'Etat civil en présence de deux témoins à la Maison communale.
2. Droits et obligations
Plus "souple" également au niveau des droits et des obligations que ce statut génère : si le mariage requiert un devoir de secours, de fidélité, d'assistance et de cohabitation, la cohabitation n'impose que le dernier devoir, soit celui de cohabitation.
Ainsi, en cas de cohabitation légale, l'adultère ne peut être considéré comme une faute susceptible d'emporter des conséquences comme dans le cadre du mariage.
De même, il ne pourra être fait grief à son cohabitant de ne pas
l'aider moralement ou financièrement au delà des charges du ménage.
Par contre, les deux institutions connaissent la protection du logement familial (par exemple, un cohabitant ne peut résilier le bail lié au domicile conjugal seul, il ne peut pas non plus vendre l'immeuble même s' il en est l'unique propriétaire), la participation obligatoire aux charges de la vie commune en proportion des facultés respectives, la possibilité pour chacun des cohabitants d'exercer la profession de son choix, d'en percevoir lui-même ses revenus sur un compte ouvert à son nom, la possibilité de faire annuler certains actes accomplis par l'autre conjoint pour compte des deux (la résiliation du bail lié à la résidence conjugale, les donations qui mettent en péril les intérêts du couple...) et la solidarité pour les dettes contractées par l'un pour les besoins de la vie commune et les enfants qu'ils éduquent.
3. Fin de la Cohabitation - Divorce
Toutefois, la protection qu'est censée apporter ces droits et
obligations ci-dessus est précaire en ce qui concerne la cohabitation
légale puisque chacun des cohabitants peut mettre fin à ce statut de
façon unilatéralement par simple déclaration auprès de l'Officier de
l'Etat civil de la commune du domicile des deux parties. 
Cette déclaration peut être faite par les deux conjoints de commun accord ou par l'un d'entre eux seulement. Dans ces derniers cas, l'Officier de l'Etat civil signifie la cessation de la cohabitation à l'autre partie dans les huit jours par exploit d'huissier dont le coût sera supporté par la partie qui fait cette déclaration.
Pour pallier cette précarité, la loi a quand même prévu que le juge de paix peut ordonner des mesures urgentes et provisoires (par exemple : la condamnation de l'un à déguerpir du domicile conjugal, l'obtention d'une participation dans les charges du ménage...) pour autant que la demande soit introduite dans les trois mois de la cessation.
Le juge de paix fixe la durée de validité de ces mesures qui ne peut excéder un an.
Dans le cas du mariage, les formalités liées au divorce - bien qu'elles aient été fortement allégées par la loi du 27/04/2007 - restent importantes : le divorce ne peut être constaté qu'après une séparation de fait de plus de six mois lorsque la demande en divorce est formée par les deux époux et d'un an, lorsque la demande est formée par un seul époux.
L'époux qui souhaite obtenir des mesures urgentes et provisoires de la part du Tribunal des référés aura intérêt à introduire une demande en divorce dès la séparation même si le délai requis n'est pas atteint. Il pourra ainsi bénéficier de mesures (protection du domicile conjugal, provision alimentaire, interventions dans les charges communes, contribution alimentaire, contribution alimentaire pour les enfants...) jusqu'à ce que le divorce soit prononcé.
Les frais liés au divorce sont également plus importants que ceux liés à la fin de la cohabitation légale notamment parce que la procédure en divorce requiert le dépôt d'une requête (82,00 €), l'intervention d'un avocat pour dégager des points d'accord et régler les points de désaccords, l'intervention d'un huissier pour signifier le jugement à l'autre partie et en obtenir la transcription. Enfin, l'intervention d'un notaire s'avérera nécessaire pour liquider le patrimoine commun (voir ci-dessous).
4. Succession
En revanche, le mariage apporte une protection plus intéressante en cas de prédécès de l'un des époux.
En effet, l'époux survivant est héritier du prémourant et dispose à ce titre d'une réserve, c'est-à-dire d'une quote-part dans l'héritage dont on ne peut pas le déshériter.
Ce n'est pas le cas lorsque les conjoints sont cohabitants légaux ; la situation doit être réglée par testament.
Les droits de succession sont également réduits dans le cas du mariage (par exemple, pour la tranche de 0,01 € à 12.500 € : 3 % au lieu de 30 % dans le cas d'une union libre) alors que ces taux ne sont appliqués qu'après un an en cas de cohabitation légale.
Dans ce dernier cas, il est d'usage que les cohabitants légaux utilisent le mécanisme de la clause de tontine pour pallier à cet inconvénient. La clause de tontine ou d'accroissement de la propriété insérée dans le testament des cohabitants permet au conjoint survivant de devenir le seul propriétaire d'un bien immeuble sans avoir à indemniser les héritiers éventuels du défunt. Il n'y a pas de droit de succession à payer dans la mesure où le survivant est réputé avoir été seul propriétaire depuis le début. Il ne devra dès lors acquitter que les frais d'acquisition, soit 12,5 % dans la valeur de la part du défunt dans l'immeuble.
Enfin, dans le cadre du mariage, l'époux survivant à droit à une pension de survie, ce qui n'est pas le cas pour le cohabitant légal survivant.
5. Sort du Patrimoine
Le rôle du notaire, tant pour le mariage que pour la cohabitation légale, consiste à consigner par écrit la manière dont les partenaires entendent gérer leur patrimoine.
A défaut d'intervention du notaire, dans le cas du mariage, c'est le régime légal qui s'applique et donc on présume que tous les biens acquis après le mariage sont communs aux époux.
En revanche, dans le cadre de la cohabitation, on applique le principe de la séparation de biens : chacun des cohabitants légaux conserve les biens dont il peut prouver qu'ils lui appartiennent. Les autres sont réputés être en indivision.
A noter qu'en cas de cohabitation, la convention actée devant le notaire peut également régler les modalités de la cohabitation et donc prévoir des indemnités en cas de rupture ou des pensions alimentaires à terme...
6. Point de vue fiscal
Enfin, d'un point de vue fiscal, les époux/cohabitants remplissent une déclaration commune à l'impôt des personnes physiques pour l'année des revenus qui suit celle du mariage/la cohabitation.
Le régime fiscal est donc identique pour l'un et l'autre statut.

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